mardi 6 novembre 2018

Normadie : l'usinage industriel

Publié le 19 10 2018

Normandie : l’usinage industriel en quête de jeunes 
car il y a du travail

Filière. Hier au cœur de l’usine Renault de Cléon se tenaient les premières assises de l’usinage. Un secteur qui cherche à attirer de jeunes talents.
Entretien avec Bruno Revellin-Falcoz, président du Campus des métiers.


Quel est l’objectif de ces assises ?

Bruno Revellin-Falcoz : « Au Campus des métiers et des qualifications, basé au lycée Marcel-Sembat, à Sotteville-lès-Rouen, nous voulons que s’expriment davantage les enseignants et les employeurs. Dans certains métiers, les entreprises n’arrivent pas à trouver les compétences nécessaires alors qu’elles embauchent. D’où ces Assises avec le thème de l’usinage, un des secteurs critiques en la matière ».

Qui est intéressé par cet événement ?

« L’ensemble des entreprises locales, autour de Renault. Et l’ensemble des formateurs, ainsi que les représentants du rectorat, avec l’espoir que ces personnes dialoguent, dégagent des pistes pour mieux répondre à ce besoin d’employabilité ».

En quoi consiste l’usinage industriel ?

« Il y a du travail sur la matière avec des machines dites à commandes numériques, liées aux métiers de la chaudronnerie, du soudage, dans les domaines de l’automobile, de l’aéronautique... L’usinage recouvre des tâches indispensables pour la réalisation de grands produits comme l’automobile, l’aviation... On va de simples engrenages au développement de grandes formes, à l’intégration de celles-ci. Qui dit assemblage dit préparation par usinage ».
Une certaine image négative de l’industrie est-elle encore présente ?
« Il faut faire disparaître cette image, qui date du siècle dernier. Les machines récupèrent leurs copeaux ; la lubrification s’opère dans des enceintes ou plus rien ne va à l’extérieur. On peut déjeuner par terre dans les ateliers ! »

Que dire aux jeunes, à leurs parents ?

« L’usinage est un métier noble. Qu’ils viennent voir comment ça se passe ! Il faut certes un enseignement général, mais l’enseignement professionnel est aussi important. En Allemagne, 70 % des élèves se tournent vers des filières professionnelles. C’est une des raisons pour lesquelles l’industrie allemande marche bien ».

Les formations sont-elles suffisantes, efficaces ?


« Elles font l’objet de grands débats. Nous sommes là pour traiter un sujet : les technologies font des progrès, les métiers évoluent et il faut en permanence s’adapter. Il faut améliorer la formation initiale pour qu’en entreprise, on soit vite employable avec un minimum de compléments de formation. Et puis, il y a la formation tout au long de la vie qui peut être largement profitable ».


Retrouvez l’entretien sonore sur Paris-Normandie.fr

Les enjeux de la formation en Normandie

Faire coller la formation aux besoins des entreprises, c’est une évidence. Encore faut-il agir en ce sens.
« Si l’Éducation nationale fait le tri, optimise les formations, il faut aussi que nous - dirigeants d’entreprise -, soyons plus clairs dans nos demandes. À nous d’exprimer nos besoins en compétences, de mieux cerner les profils recherchés. À nous de mieux afficher nos métiers, confie le directeur du site Renault de Cléon, Paul Carvalho. Si l’on prend l’exemple de l’usinage à Cléon, chacun aura certes en tête les carters, les pignons, les vilebrequins de moteurs essence ou diesel... Mais avec le moteur électrique, qui monte en puissance - 80 % des pièces sont d’ailleurs faites ici -, nous réalisons en usinage le carter, la pignonnerie, l’arbre rotor, la boîte de différentiel... Nous sommes donc dans un univers nouveau mais qui réclame de vraies compétences en usinage ».
Paul Carvalho résume ainsi les enjeux de l’usinage. Les filières de l’industrie des transports - l’industrie automobile, l’industrie aéronautique, spatiale, de sécurité et de défense, ainsi que l’industrie ferroviaire et l’industrie navale - comptent d’ailleurs parmi les piliers de l’activité économique en Normandie. Cependant, grandes entreprises et PME sous-traitantes déclarent éprouver les mêmes difficultés pour recruter des personnes qualifiées dans les métiers de la production et de l’usinage en particulier, principalement sur les métiers de tourneur fraiseur et d’ajusteur. Pour répondre aux problématiques rencontrées par les entreprises, plus de 108 places de formation destinées aux demandeurs d’emploi sont commandées chaque année par la Région sur l’ensemble de la Normandie. L’objectif est de proposer des formations du niveau IV au niveau V en adéquation avec les compétences requises par les entreprises, tels que des titres professionnels de tourneur, fraiseur ou opérateur régleur d’usinage en commande numérique, bac pro technicien d’usinage ou CQPM opérateur régleur sur machine-outil à commande numérique.

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